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Les compétences attentionnelles

 

 

Les compétences attentionnées

Les compétences attentionnelles

 

Un bruit, une expérience tactile, un soupçon de lassitude, le coin d’un désir soudain vont s’approprier une réponse de pensée.  Une concentration totale est-elle possible ? Est-il possible de contrôler notre attention sans distractions ? Le développement des compétences attentionnelles est essentiel car elles sont utiles dans la réalisation de l’ensemble des tâches du quotidien. Bien souvent nous négligeons de développer notre attention pourtant centrale dans la conduite de notre vie. Dans cet article, nous allons étudier les différentes compétences attentionnelles et leur articulation entre elles.

 

La concentration :

 

La première compétence attentionnelle liée à la réussite est la concentration. C’est la capacité à diriger et maintenir son attention sur un objet durant une longue période. Cette notion peut apparaître comme secondaire et pourtant Terry Orlick un des coachs les plus influents en psychologie sportive estime que la concentration est l’élément le plus important dans la réussite sportive.  Cette compétence est nécessaire dans l’accomplissement de l’ensemble de nos tâches intellectuelles ou manuelles.

Williams James  disait dès le XIX “Savoir ramener délibérément une attention vagabonde mainte et mainte fois sur son objet est la racine même du jugement, du caractère et de la volonté”. Parfois notre esprit est instable et paraît désagréable, inconfortable quand nous échouons à nous concentrer sur une tâche.

Le chercheur Jean-Philippe Lachaud dit : « L’attention est quelque chose de concret et compréhensible et même maîtrisable au lieu d’une force de l’esprit un peu magique.  L’objectif est de porter notre attention sur l’objet choisi et la détourner des autres. L’attention est à réajuster sans arrêt. »

“Bien souvent nous négligeons de cultiver notre attention, capacité pourtant centrale dans la conduite de notre vie.” – Christophe André

 

 

La reconcentration :

 

La notion de reconcentration vient en complément de la concentration. Elle est associée et peut paraître proche de la concentration, c’est un élément complémentaire à la concentration. Les deux travaillent ensemble.

Cette notion se définit comme la capacité à se concentrer de nouveau lorsqu’on est confronté à une distraction externe ou interne. On trouve bon nombre de distractions possibles comme la fatigue, les cris, une erreur commise, un point facile manqué, une provocation de l’adversaire, un matériel défectueux.

Toutes ces nuisances sont des sources de distraction et donc des facteurs de déconcentration. La capacité à se reconcentrer est primordiale tout comme la rapidité avec laquelle nous pouvons le faire. Pour y parvenir,  il est inutile de se culpabiliser, vos pensées distrayantes ne sont pas la preuve de notre incompétence à vous focaliser. C’est normal que notre esprit vagabonde, votre cerveau produit des pensées comme votre poumon crée des mouvements respiratoires, c’est leur travail.

Pour favoriser votre attention, il est important de limiter les sources de distraction en préférant un environnement calme (sans musique d’ambiance, sans bip, etc…). La distraction peut surgir quoi qu’il arrive, il faut l’accepter la nommer et s’en débarrasser si nécessaire. Il faut l’accepter et ne pas se culpabiliser de ne pas réussir à maintenir son attention. Si les problèmes attentionnels se maintiennent alors vérifier que vous n’êtes pas dans la zone de “fatigue attentionnelle”. Si vous vous sentez dans cette zone offrez-vous du repos attentionnel pour cela il faut se lever, bouger, s’accorder un moment de dispersion fécond.  Il faut surtout éviter de se reposer en navigant devant un écran.

 

La gestion de l’impulsivité :

 

L’impulsivité se traduit par la tendance à faire les choses rapidement dans la précipitation sur le coup de l’émotion.  Les personnes dites “impulsives” réagissent ou parlent avant de se poser, de réfléchir on dit d’elles qu’elles ont un caractère explosif. Lors des matchs ou des compétitions, ce type de caractère nuit aux sportifs (carton rouge, avertissement). Ces réactions sont facilement observables dans la pratique sportive avec les comportements suivants : cassage de matériel, cris, colère, insulte et geste violent. Ces traits de caractère peuvent néanmoins s’atténuer, c’est uniquement une question de travail sur soi.

Prenez l’exemple de Federer. Vous êtes fan du personnage pour sa maîtrise de soi et son calme ? Vous risquez d’être surpris…

 

Les compétences attentionnées

Son père disait de lui plus jeune “Les défaites étaient de vrais désastres pour lui, se rappelle son père. Et quand, il n’aimait pas quelque chose, il pouvait devenir très agressif. Les dès et tous les jeux de société volaient à travers la pièce”.

Christophe Freyss, son entraîneur (français) à Ecublens entre l’âge de 14 et 16 ans, s’était confié en ces termes à L’Équipe, il y a quelques années :

«Ce n’était pas un prodige du tennis. On ne pouvait pas imaginer, à voir sa technique, son jeu de jambes ou son attitude, qu’il deviendrait un si grand champion. (…) Il n’était pas stable, il était très colérique sur le terrain.»

Paul Dorochenko, en charge de sa préparation physique qui l’a suivi durant 3 années de ses 17 à ses 20 ans. Il en a gardé quelques souvenirs amusés et contrastés:

«C’était un jeune joueur évidemment talentueux  mais il avait un défaut il faisait le con à tout propos. C’était un joueur très compliqué à gérer. Il avait été bien éduqué par ses parents dans la mesure ou il était sympa et ou il ne cherchait jamais à être méchant à travers ses blagues incessantes, mais il était extrêmement caractériel. Il fallait le punir de temps en temps comme par exemple le faire se lever, en plein hiver, à 6h du matin afin de nettoyer les courts avant le début de l’entraînement. Nous étions obligés de lui mener la vie dure en permanence.

L’évolution de Roger Federer en quelques années illustre bien nos capacités à évoluer. Avec du travail tout est possible.


Le focus :

Dans l’ouvrage Focus (2014), Daniel Goleman prend exemple de gens lors d’une fête. Les personnes qui ont une attention à la dérive sont repérables par leur comportement elles s’activent de salle en salle, leurs yeux se posent sur tout ce qui peut être les attirer. Ces personnes sont les moins attentives, a contrario on remarque aisément les personnes qui ont une attention focalisée. Elles sont immergées dans une conversation, pleinement attentives à leur sujet de discussion.

Le focus relie les notions de concentration, de déconcentration et de reconcentration. C’est la capacité à rester focaliser longtemps sur une tâche malgré les distractions intérieures et extérieures.  Pour évaluer votre degré de focus, posez-vous les questions suivantes : Est-ce que vous vous éparpillez souvent ? Dans quel contexte ? Arrivez-vous à finir une tâche sans être amené à être distrait ?

 

Le flow :

Pour finir, nous allons aborder le flow qui est la zone psychologique optimale. Selon Damien Lafont (2011) dans son ouvrage cet état est associé à la confiance et la performance maximales. Ce concept de flow peut se définir comme un état d’équilibre parfait entre les exigences de la situation et le potentiel développé par l’athlète. Cet état, souvent qualifié de « petits nuages » ou de « pilote automatique » est en effet un état de réussite majeur, en prise directe avec le réel, facile, économique, où chaque action est pertinente et où les erreurs sont presque inexistantes. Selon Anthony Mette, l’état de flow est lié à la concentration et à l’ensemble des compétences attentionnelles. Plus vous travaillez vos habiletés attentionnelles plus vous êtes habitués à la recherche de l’état d’attention optimal et plus vous allez l’atteindre.

Cette notion s’exprime encore mieux à travers les  propos du capitaine de l’équipe, champion olympique de hockey sur glace à Nagano : « Oui, il y avait une alchimie. Je ne sais pas comment l’exprimer. On pouvait la sentir dans le vestiaire, presque la toucher. Tout le monde allait dans le même sens. Je ne saurais dire d’où ça venait mais c’était là. »

Dans son ouvrage Goleman “Attention émotionnelle”, il observe qu’en  état de fluidité “Le paradoxe est que les choses difficiles apparaissent comme faciles, les performances exceptionnelles sont tout à fait naturelles. À l’intérieur même du cerveau, on observe un paradoxe similaire, les tâches les plus compliquées sont accomplies avec une dépense d’énergie minimale”.

 

Pour James LOEHR, l’état optimal se caractérise par les points suivants :

  • Les muscles sont relâchés et souples.
  • Un état mental calme et tranquille.
  • Une faible inquiétude.
  • Une grande énergie.
  • Des sensations positives et optimistes.
  • Un plaisir et un amusement à jouer.
  • Un jeu sans effort.
  • L’action est instinctive et automatique.
  • Une grande confiance en soi.
  • Un esprit vif et alerte.
  • Une sensation de grand contrôle.
  • Présent et concentré.

 

Il faut concevoir le flow comme un travail. On peut rehausser son niveau d’attention et sa concentration lors des entraînements pour pouvoir reproduire les mêmes sensations lors des matchs. Se fixer l’objectif d’atteindre la zone sans savoir comment est voué à l’échec.

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