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Eat and Run : Manger pour gagner – Livre #2/25

 

Eat and Run : Mange pour gagner

Chronique et résumé de “Eat and Run : Manger pour courir” par Scott Jurek : Elevé au rang d’icône par les ultra -marathoniens, il a remporté les épreuves de longues distances les plus prestigieuses. Il nous livre dans Eat and Run comment la course à pied et l’alimentation se sont imposées à lui.

Par Scott Jurek 310 pages, 2015

1. Une jeunesse difficile

 

Scott Gordon Jurek est né en 1973, est issu d’une famille modeste. Il a fait son enfance dans une petite ville du Minnesota dénommée Proctor.

La carrière professionnelle de sa mère l’a amené à animer des émissions télé de cuisine son credo « pas besoin d’être un grand chef pour faire de la bonne cuisine ». À 11 ans, il apprend qu’une sclérose en plaque a atteint sa mère, ses capacités motrices se réduisent d’année en année. Voir sa mère dans un tel état l’affect énormément. Il doit désormais assurer les tâches quotidiennes pour soulager sa mère.

Son père était véritablement le garant de la discipline. Son père répétait souvent cette phrase et celle-ci l’a particulièrement marqué « Parfois, il faut juste faire les choses ». Il avait des difficultés à joindre les deux bouts ce qui empêcha Scott de pratiquer le baseball ou football américain comme les autres enfants de son âge car les équipements étaient trop chers.

Ce contexte familial tendu pousse Scott à passer de plus en plus de temps sur les sentiers de la forêt.

« Sans le savoir, ces parents l’ont préparé à devenir un spécialiste des longues distances »

 

 2. Une vie faite de rencontre

La vie de Scott a été faite de rencontres qui l’ont bouleversé et transformé. Sans elles, il ne serait pas devenu ce qu’il est aujourd’hui. Je vous invite à les découvrir :

1. Dusty Olson

En senior, une seule personne était plus rapide de lui. Il s’agissait d’un certain Dusty Olson. C’était le stéréotype même du bad boy par excellence, le jeune délinquant exclut de la plupart des écoles mais le meilleur athlète de l’Etat. Ce type allait changer sa vie à tout jamais.

Eat and Run : Manger pour gagner
Dusty Olson ( à Gauche) et Scott Jurek (à droite)

Dusty et lui étaient aux antipodes. Scott était timide, portait des chemises boutonnées jusqu’en haut alors que Dusty avait le crâne rasé et portait des combinaisons jaune flashy. Les différences sautaient au yeux mais c’est ce qui les unissaient. Au début, Scott courait pour rester en forme seul ou avec Dusty. Au début de la fac, il courait pour être avec Dusty car il vivait au jour le jour, il voulait vivre la même vie, une vie libre, amusante et rapide.

Dusty était bien plus talentueux que Scott mais sa persévérance et son goût de l’effort l’ont amené bien plus haut que Dusty.

Lors du Grandma’s marathon, Jurek réalise un temps de 2h54 minutes. A la suite de ce marathon, il décide non pas d’aller plus vite mais plus loin. En 1994, il participe à son premier 80km le Minnesota Voyageur.

Dusty le suivra tout au long de sa carrière notamment en tant que pacers sur la plupart des courses.

 

 2. Les pionniers de l’ultra-trail

Il n’existe aucun manuel pour courir un 100 miles alors il décida de s’entourer d’athlètes d’expériences.

  • Arthur Newton : A été détenteur des records du monde de 30, 40, 45, 50 et 100 miles
  • Chuck Jones : En deux années de course à pied, il réussit à remporter une course phare de l’ultra-trail.
  • Cerruty : Agé de 43 ans fut victime d’une dépression nerveuse, les médecins lui prédirent qu’il ne lui restait plus que 2 années à vivre. À la suite de ces mots, il adopta un mode de vie combinant diététique et exercices physiques et philosophie.

Ces 3 personnes ont été des modèles puisqu’elles repoussaient constamment leurs limites physiques et intellectuelles pour en fixer de nouvelles. C’étaient des existentialistes en short et Scott voulait faire partie de leur bande.

 

3. Les Tahamuras, le peuple qui court

Eat and Run : Manger pour gagner

Eat and Run : Manger pour gagner

Scott participe à son premier 100 miles (160 km) en 1998. C’est lors de cette course qu’il rencontre les membres d’une tribu dotés de capacité incroyable. Il s’agissait des membres de la tribu des Tahamuras. Cette course fut son premier contact avec ce peuple.

En septembre 2005, Scott reçoit un mail d’un certain Caballo-Blanco. Selon lui, les Tahamuras étaient les meilleurs coureurs du monde. Il lui propose alors de relever un défi lors d’une course de 50 miles contre les Tahamuras (les meilleurs coureurs du monde).

Un concours de circonstances a remis à jour la proposition du Caballo Blanco lors Chris McDougall voulait écrire un livre sur les indiens coureurs. Lorsqu’il arrive à la rencontre des tahamuras dans le Copper Canyon, un de ces membres paraît plus fort que les autres, il s’agissait de Arnulfo. Le secret de cette tribu était l’efficacité aucun geste n’était superflu, il connaissait parfaitement les points d’eau de leur vallée et ainsi ne s’encombrer pas de tel objet. Ce périple devait être une parenthèse, en quelques sortes des vacances. Mais il comprit rapidement que la course allait être plus dure que prévu.

Le départ de la course a été donné 8 jours plus tard. Les types qu’il avait rencontrés à la Angeles 100 n’étaient en réalité que l’équipe B. Au bout de 35 miles, il réalise que deux Tahamuras mènent toujours la course, 2 types chaussés de sandale en caoutchouc et en pagne. Au 40 miles, il a rattrapé Silvino mais pour le coup impossible de revenir sur Arnulfo qui l’a devancé de 6 minutes soit 1 mile. L’année suivant Scott est revenu est l’a battu de 18 minutes.

Ils ne préparent pas leurs courses, ne s’entraînent pas pour la gloire et ne se soucient pas de diététique. Ils mangent et courent pour survivre. Courir et manger sont des activités vitales voila le premier grand secret de la vitesse, de l’endurance et de la santé des Tahamuras.

Ce sont des super-athlètes ou super-efficaces, ils sont totalement en phase avec leur environnement.

 

2.    Manger mieux pour gagner

Scott Jurek a vu son régime alimentaire se modifier au fil des années. Né au Etats-Unis, il se nourrit de steak, de hamburger et de poisson. Aujourd’hui, son alimentation a bien évoluée.

 Eat and Run : Manger pour gagner

Le temps qu’il passa avec sa mère lui a fait prendre conscience que la confection et la dégustation des repas étaient un moment de communion familiale. Sans le savoir, il en a beaucoup appris sur la nourriture et ses liens avec l’amour. En deuxième année de lycée, Scott amateur de grand air se lança dans la pratique du ski de fond. C’est au cours d’un stage réservé au meilleur frondeur cette année-là que Scott découvre les bienfaits d’une alimentation saine et commence à se pencher sur les liens entre régime, exercice, entre nutrition et santé. Il prit conscience de l’importance de l’alimentation.

Sa première femme Leah aura une grande influence puisqu’elle le guidera vers le végétarisme. Scott arrête de consommer des produits d’origine animale comme le lait, le miel, les œufs, la viande ou du poisson à partir de 1999. En 1999 au contact de végétalien, il se lance définitivement dans ce type de régime. Il explique que ses succès sont en grande parti dû à son régime alimentaire 100% végétal.

Il passe environ deux heures par jour à préparer ses repas qui répondront parfaitement à ses besoins. Car Scott ne mange pas uniquement pour se nourrir, il réfléchit et élabore ses recettes. Il joue avec la nourriture, essaie diverses cuisines mais toujours en respectant ses codes. Son alimentation réside dans la variété, la combinaison des végétaux, et surtout la qualité des ingrédients.

Au fur et à mesure des courses, il se rend compte que l’alimentation est une question de vie ou de mort, que le corps humain a d’immense capacité à prendre soin de lui-même des lors qu’on l’alimente correctement. Dans Eat & Run, il livre de très nombreuses recettes allant du hamburger aux lentilles champignons au smoothie anti-inflammatoire Strawburst. Chaque chapitre du livre est clos par une recette.

3 choses à faire pour un équilibre alimentaire :

1) Mettre de l’énergie dans ce que l’on mange, ne pas improviser.

2) Passer du temps dans sa cuisine et cuisiner.

3) Etre curieux, tenter au moins un nouvel aliment ou une nouvelle recette chaque semaine.

 

3.    Des performances incroyables

L’Américain a écumé tous les continents en quête de kilomètres à son compteur. Un goût immodéré pour la victoire. Il puisse sa force notamment dans la maladie de sa mère qui est incapable de se déplacer. Réaliser de tels exploits, c’est une façon de lui rendre hommage.

 

Eat and Run : Manger pour gagner

Un aperçu de son palmarès : 

  • Minnesota Voyageur 50 miles (80km): Il remporte cette course par 3 fois en 1996, 1997, 1998.
  • Western States 100 Miles (160km): Il remporte 7 fois d’affilé cette course de 1999 à 2005.
  • Badwater Ultramarathon (217km): Cette course relie la vallée de la mort au sommet Whitney à 4400 mètre d’altitude. Elle est qualifiée de la « course à pied la plus dure au monde », il la remporte 2 fois de suite en 2005 et 2006.
  • Hardrock Hundred Mile Endurance (160km): il s’impose en 2007.
  • Spartathlon (245km): C’est une course longue de 245 km entre la ville d’Athènes et Sparte qu’il remporte 3 fois de suite en 2006, 2007 et 2008.
  • Championnat du monde des 24 heures : Il détient également le record des Etats-unis sur une course de 24 heures avec 165,7 miles soit 266,6 kilomètre parcouru en 2010.

 

4. La quête de Scott Jurek

Quand on passe autant de temps à courir, s’entrainer, se préparer, on en vient à s’interroger sur le but de la course à pied.

On peut se demander pourquoi fait-il cela ? Pourquoi endurer de telles souffrances ? Après quoi court-il ? Dans quels buts ?

1-  Atteindre ses limites pour les repousser

Toutes ces questions l’ont aminé durant sa carrière de sportif de haut niveau. Scott est un amoureux de la nature, des grands espaces, il le dit lui-même “c’est un moyen de s’évader”, il cherche à se connecter à elle en mettant les progrès technologies de côté quand il le faut.

Au contact du peuple Tahamuras, il a appris à courir avec simplicité, à ne faire plus qu’un avec son environnement, à s’y noyer et à ne plus courir pour la gloire et la notoriété.

Au travers l’ouvrage Eat and Run, on s’aperçoit que l’auteur recherche continuellement à repousser ses limites physiques et mentales. La course à pied a été un moyen d’y parvenir. Les longues distances mettent à l’épreuve les organismes qui sont poussés dans leurs retranchements, c’est souvent dans ces moments que les coureurs accèdent à un état appelé ” la zone”. C’est un état proche de l’illumination zen. Pour y parvenir, le chemin de Scott emprunte la voie de l’effort maximal et absolu. C’est pour lui la seule façon d’atteindre cet état de grâce.

Les premières causes d’abandon chez les ultra-traileurs n’ont rien de physiologique, mais c’est souvent le mental qui craque.

2 – Toutes les douleurs ne sont pas significatives

On découvre un athlète hors du commun qui continue de courir malgré ses pépins physiques. On apprend qu’il a poursuivi la Western States alors qu’au 70 eme Km, il s’est déchiré les ligaments, mais malgré cela, il termine la course et remporte pour la 3eme fois cette course. Ou encore, en 2007, il décide de participer à la HardRock (100 miles) alors que l’avant-veille, il s’est fait une entorse à la cheville en jouant avec des enfants au football.

On peut se demander si son comportement ne met pas en danger sa santé et sa carrière de coureur ?

Mais on découvre aux travers de cet ouvrage, une personne qui a une parfaite connaissance de son corps, de ses capacités et une habilité à se surpasser quand tout va mal.

La check liste de Scott pour faire face à une blessure :

  • Première étape : accepter la douleur, la peine, l’abattement et toutes ces émotions qu’inspirent la perte de quelque chose.
  • Deuxième étape : faire le point.
    • Est-ce que je vais mourir ?
    • Est-ce que je peux prendre appui sur ce pied ?
    • Y a-t-il une facture ? Vais-je avoir des séquelles si je continue ?
  • Troisième étape : qu’est-ce que je peux faire pour améliorer la situation ?
  • Quatrième étape : isoler les idées alarmistes et les émotions néfastes.

Toutes les douleurs n’ont pas les mêmes conséquences ainsi, il distingue les douleurs dites accommodantes comme la fatigue, l’épuisement, le manque de confort de celle qui ne le sont pas comme les blessures. Pour Scott, son répertoire en matière de douleur accommodante et très large comme vous pouvez le constater.

 

 

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