Portrait

[Interview d’Antoine Baron] Comment je suis parvenu à courir 100 kms

Courir 100 km

 

courir 100 kmscourir 100 kms

 

 

Aujourd’hui, je fais un billet un peu particulier puisque je vais vous présenter une personne qui a fait quelque chose de fou. Je vous laisse découvrir son parcours en espérant qu’il vous inspire 😉 !

1 – Tu as participé à quelle course ?

J’ai participé à la 6ème édition des 100 kilomètres de Cléder (29) le 9 juillet 2017, c’était à l’occasion des championnats de France.  

Pour les curieux, je vous mets le lien pour en savoir plus sur cette course, ici.

 

2 – Comment l’idée de courir 100 kms t’est venue à l’esprit?

Au final, l’idée m’est venue progressivement au fur et à mesure des courses. Je voulais me challenger.

 

3– Quelles ont été les étapes qui t’ont amené à courir 100 kms ?

Il y a 4 ans, j’ai recommencé la course à pied à zéro. J’ai eu une opération qui m’a astreint à trois semaines d’arrêt. Ainsi en mars 2014, je reprends la course à pied. Je recommence progressivement par quelques sorties de 4 à 5 kilomètres puis j’y reprends goût peu à peu. A ce moment, un de mes amis me propose de faire un 10 kilomètres. Je me prends au jeu et je le termine en 40 minutes. Après ce 10 kms, je décide de me lancer un autre défi et de faire au mois de juin 2015, le 38 kms de « Tout Angers Bouge ». Sauf que 4 jours avant le départ, je me blesse au genou. Malgré cette blessure, je prends le départ et réussis à terminer l’épreuve en 3h35 minutes et 18 secondes. Une fois, les 38 kms faits, je me décide de tenter l’épreuve du marathon.

Le 19 avril 2016, je réalise mon premier marathon, celui de Nantes en 3 heures 26 minutes 19 secondes mais je l’ai fini dans la douleur car je manquais de sorties longues, je n’avais pas assez d’endurance. Une fois terminé, je me suis dis pourquoi pas doubler et faire un truc fou, et courir un 100 kms.

 

4 – Combien de temps tu t’es préparé pour courir 100 kms ?

En avril 2017, je fais le marathon de Saumur (3 :12 :20) donc je me suis réellement préparer pour le 100 kms du 15 avril 2017 au 9 Juillet 2017 soit un peu moins de 3 mois mais j’avais déjà une excellente condition suite à mon marathon. A ce moment, mon entraînement s’est intensifié, je suis passé de 80 à 120 kms par semaine (5 à 6 entraînements/semaine). Pour te donner un aperçu, le dimanche, c’était une sortie de 30 à 40 kms et le lundi, c’était décrassage en faisant 21 kms.

5 – Qu’est ce qui a été le plus dur dans ta préparation ?

Ce qui a été le plus dur c’est de s’entrainer seul. Sur la totalité des entraînements j’ai effectué seulement 2 séances avec quelqu’un. Ce n’était pas toujours évident à gérer. Aussi ce n’est pas évident pour l’entourage parce que ça demande beaucoup de sacrifices donc il faut savoir faire des compromis.

 

6 – Comment as-tu fait pour maintenir ta motivation ?

J’avais un objectif en tête, je m’étais dit que je le ferai donc je n’avais pas le choix. Je me suis inscrit 6 mois avant et ça faisait 1 an que je pensais réaliser cette course. Elle avait une réelle importance. Je savais que si je ne m’entrainais pas, ça allait être très difficile. Tous les jours, dès que je me levais et à chaque entraînement je pensais à mon 100 kilomètres. Si je ne faisais pas tous les entrainements à fond, je savais que je le paierai le jour de la course.

Je crois que j’étais frustré de mon premier marathon (Nantes 2015). Mon objectif chronométrique était 3h15 et finalement j’ai réalisé un temps de 3h24. En fait, je manquais de sorties longues, je connais l’une des raisons c’est parce que j’ai abrégé certaines sorties, j’en avais marre donc au lieu de faire 15 km, je faisais 10km. Je ne voulais surtout pas reproduire cette erreur. C’est ce qui m’a donné l’envie de toujours aller au bout de moi-même à chaque entraînement.

 

7 – Quelle est l’ambiance d’un 100 kms ?

Le village de départ c’était vraiment cool, il y avait de l’ambiance. A savoir qu’il était 5 heures du matin donc certains bars n’étaient pas encore fermés. On avait droit à de la trompette, certaines personnes criaient, d’autres alcoolisées donnaient de la voix, l’ambiance était festive ça c’était cool. Mais dans le sas de départ, entre participants, on ne se parlait pas, tout le monde était focus, concentré sur sa course. Cette ambiance un peu tendue vient sûrement du fait que c’était les championnats de France. En terme d’ambiance, les trails c’est vraiment le must, c’est très convivial.

 

8- Tu as eu des moments marquants sur ton 100 kms ?

J’ai eu 3 moments marquants  au 40éme, 75éme et à la fin.

Mais celui qui a été le plus difficile, c’était définitivement le 40éme kilomètre. Le parcours se compose de deux boucles de 50 kms et au 40ème km on repassait devant le camping où séjournaient mes proches. Ca faisait 4 heures que je courais, et ça commençait à taper. Il faut savoir aussi que durant ma préparation, 40 kilomètres c’était la distance maximum que j’avais faite. Quand je passe devant le camping, il était 9 heures du matin, ma famille venait de se lever et commençait à m’encourager. A ce moment, je me suis demandé pourquoi continuer à souffrir alors que j’ai tout le confort juste là ? Il me restait encore 6 heures de course donc sur 50 mètres, ça a été vraiment difficile mentalement, j’ai beaucoup douté.

J’ai connu un moment un peu plus euphorique, c’était au 75 km, lorsque tu prends conscience que c’est bon tu vas aller au bout, tu n’as plus aucun doute. J’ai toujours eu la certitude de finir cette course mais au 75éme, là tu en as vraiment conscience.

Le troisième moment fort, ce sont les 500 derniers mètres. J’ai passé la ligne d’arrivée avec ma famille. C’était super !

 

9 – Comment as tu géré la douleur ?

Physiquement, j’ai souffert mais ça ne m’a pas marqué outre mesure. De toute façon, je savais que j’allais avoir mal et j’y étais préparé. S’il avait fallu que je me blesse pour finir, je l’aurais fait sans hésitation.

 

10– En combien de temps est ce que tu termines ce 100 kms ?

Je clôture l’épreuve en 10 heures et 44 minutes et 33 secondes. Au classement général, je finis 73éme sur 184 participants et en sénior, je me positionne en 9éme position. Sur les 184 participants, il y a eu 1/3 d’abandons.

 

11 – Est ce qu’un jour tu penses aller plus loin qu’un 100 kms ?  Et tes projets 2018 quels sont-ils ?

Je pense peut-être faire un Sparthalon. C’est une des courses les plus dures, elle se déroule en Grèce , part d’Athènes et se finit à Sparte soit 245 kms. Pour y participer il faut faire moins de 10h00 au 100kms, donc je dois améliorer mon chrono pour pouvoir faire cette course. Et j’ai un autre rêve, c’est de faire la route 66, c’est à dire traverser les Etats-Unis d’Ouest en Est, le tout en courant évidemment. ☺

Remarque : pour découvrir cette course folle (Sparthalon), je vous invite à lire cet article !

Pour l’année 2018, je vais faire en avril un ultra-trail près de Cholet de 80 kms, puis la SaintéLyon (72 km) entre Saint-Etienne et Lyon en septembre 2018. L’idée, c’est de prendre des points pour faire UTMB (Ultra-Trail du Mont-Blanc). Pour prétendre pouvoir participer à l’UTMB, il faut cumuler 15 points, une fois ces 15 points pris on peut faire partie des potentiels participants. La participation à L’UTMB se fait par tirage au sort. Pour accumuler des points, il faut enchainer les courses et plus elles sont longues et difficiles et plus on prend de points.

Je remercie Antoine d’avoir accepté de répondre à mes quelques questions. 😉

QUESTION : ET VOUS QUELS SONT VOS DEFIS FOUS POUR 2018 ?

Laissez vos réponses en commentaire 😉 

PS : n’hésitez à me laisser un commentaire pour me dire si ce type d’articles vous plait ou si vous avez des idées de questions pour de futurs interviews.

 

 

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