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Les Tarahumaras, le peuple qui court

 

Tarahumaras

 

Ce peuple vit au Nord du Mexique dans l’Etat de Chihuahua au coeur des montagnes et des canyons, c’est ici dans cette région quasi-inaccessible que vivent les Tarahumaras. Dans leur langage, les Tarahumaras s’appellent “Les hommes aux pieds légers”.

Tarahumaras

Au XVIe siècle, les Tarahumaras ont fui l’envahisseur espagnol et se sont réfugiés dans le barranca del cobre dans la Sierra Madre Occidental marquée par de profondes vallées et des plateaux de 1500 à 1800 mètres. Au lieu d’affronter l’ennemi, ils ont choisi de fuir. Cette tactique les amenait à développer des qualités hors du commun. Dans le dédale des canyons qui déchirent les montagnes de l’État du Chihuahua, les foyers tarahumaras n’étaient reliés entre eux que par de vertigineux sentiers depuis que leur communauté avait fui les conquérants espagnols, les obligeant à parcourir chaque jour de longues distances pour aller à l’école, aller manger, rendre visite à des amis.

Les membres de cette tribu sont dotés de capacités physiques extraordinaires, ils peuvent parcourir 100 km par jour sans trop se fatiguer. Leurs qualités ont été mises en évidence lors de courses longues distances. En 1993, Victoriano Churro remporte l’ultra trail de Leadville dans le Colorado, une des courses les plus difficiles du monde avec un départ à 3000m d’altitude, et un parcours de 160 km. Il avait 55 ans. Dans le livre Eat and Run, Scott Jurek évoque un passage de sa vie ou un jeune Tarahumara a réussi à le tenir en échec lors d’une course de 80 km.

Tarahumaras
Scott Jurek et un Tarahumara

Quels sont les secrets des Tarahumaras ?

  1. Courir et manger sont des activités vitales, voilà le premier grand secret de l’endurance, de la vitesse et de la santé de ce peuple. Ils ne courent pas après la gloire ou la notoriété pour eux cette activité est tout simplement vitale quant à leur survie. Il ne s’embarrasse pas de gourde ou d’autres éléments, ils connaissent parfaitement leur environnement (point d’eau) et s’y arrêtent lorsque c’est nécessaire.
  2. Ils courent pied-nus ou avec des sandales appelées Huarache dont la semelle est faite avec des récupérations de vieux morceaux de pneus qu’ils appellent des Huaraches. Ces sandales permettent de faire appel à la proprioception naturelle, c’est à dire à la capacité de sentir sa position dans l’espace. Chaque pas fourni des informations sensorielles. Courir avec cet accoutrement permet de prévenir les blessures. Cette technique oblige l’athlète à courir en attaquant le sol avec la pointe du pied et non avec le talon qui provoque des chocs et donc des blessures.
Tarahumaras
        Huarache

Dans le livre Born to Run de Christopher McDougall, on découvre qu’ils ne sont ni des moines, ni des ascètes, ni des adeptes de diètes végétariennes mais ils profitent pleinement de la vie. Ils font la fête comme si c’était la Saint-Sylvestre toutes les semaines, buvant de la bière de maïs (tesgüino) jusqu’à l’épuisement des jarres. Puis, ils se lèvent pour s’affronter dans des courses à pied de deux jours : la “rarahipa”, dont le principe consiste à pousser une balle sans s’arrêter à la manière des footballeurs.

Sous le feu des projecteurs

Le premier contact de ce peuple avec la civilisation s’est fait en 1928 lorsque le comité olympique mexicain a décidé d’envoyer ses meilleurs coureurs pour participer au Marathon. Aussitôt dit, aussitôt fait, le comité mexicain envoie deux des meilleurs coureurs Tarahumara à Amsterdam (Pays-Bas). Mais une chose, n’avait pas été pris en compte par le comité. Les Tarahumaras courent habituellement sans chaussure et de bien plus longue distance pour eux 42km représente une sorte de mise en bouche. A la fin de la course, ils auraient proposé “trop court”, “trop court”. Les athlètes finirent 35e et 32e, mettant fin au espoir du comité Olympique Mexicain persuadé de ramener une médaille.

C’est la parution en 2009 du Best-seller Born to Run : Né pour courir qui a mis en évidence les capacités extraordinaires. Ils sont définitivement sortis de l’anonymat avec la parution de ce livre. Cette reconnaissance a aussi attiré son lot de mauvaise surprise. Avant les Tarahumaras étaient protégés par leur redoutable situation géographique mais les cartels ont pris la mesure de leurs compétences et les utilisent pour transporter de la marchandise jusqu’au Etats-Unis. La région des Tarahumaras est à quelques centaines de kilomètres et ils sont tout à fait aptes à parcourir ces distances en quelques jours..

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